// Le Roman
Avant toute chose, il n'existait que le néant absolu. Pas de temps, pas d'espace, pas de lois physiques. Plouv était une histoire incomplète, une conscience narrative piégée dans une boucle éternelle.
Puis apparaît Iséa d'Estheris, l'Omnipotente. Elle saisit Plouv et le matérialise en livre physique. D'un doigt d'honneur cosmique, elle provoque le Big Bang — transformant cette histoire en univers réel.
« Plouv, furieux d'avoir été volé, confronte Iséa. Elle lui propose un pari : il aura une minute pour corrompre une âme et prouver que le libre arbitre est une illusion. S'il réussit, il pourra dévorer le Burger du Destin et effacer l'univers. S'il échoue, il sera banni à jamais. »
27 décembre 2025. Un homme se réveille dans un club de strip-tease à New York. Un rêve étrange le hante : un livre mystérieux est apparu dans un miroir, et une voix lui a donné rendez-vous "au bar dans une minute".
Au bar, il découvre quelqu'un qui lui ressemble trait pour trait, mais avec vingt ans de plus. Son double du futur lui remet "Le Paradoxe de Plouv" — un livre qui ne contient que les chapitres impairs. Les chapitres pairs sont vierges.
Ce livre décrit exactement ce qui va lui arriver. Et quoi qu'il fasse... il le fera.
« Le paradoxe de Plouv : se dit d'une situation où un abruti cherche à comprendre le paradoxe de Plouv. »
// L'Univers
// Avant-goût
Avant d'acheter un livre qui pourrait redéfinir votre rapport à l'existence, au libre arbitre, et aux merguez — lisez les premières pages.
CHAPITRE III — MERGUEZ EN BOUCLE
// Ce qu'ils en disent
Un roman qui ne peut exister que sous cette forme. Le lecteur DOIT tenir le livre, DOIT tourner les pages, DOIT se demander s'il n'est pas lui-même piégé dans la boucle.
— Iséa d'Estheris'
Ce n'est pas un roman méta. C'est une expérience de responsabilité narrative : écrire engage, abandonner crée des monstres, et finir une histoire est un acte éthique.
— Monsieur T.
Le bootstrap paradox poussé à l'extrême. Qui est Lom Mister, PUTAIN DE BORDEL ?
— Plouv.
Avertissement
Ce livre n'est pas pour tout le monde. Il mélange SF apocalyptique, violence graphique, humour vulgaire, philosophie et métaphysique. Il oscille entre tragédie familiale et comédie absurde. 16 ans d'écriture. Une structure en chapitres pairs et impairs.
« Si vous cherchez à comprendre, vous avez déjà perdu. Le paradoxe n'est pas à résoudre. Il est à subir. »
// Commander
Disponible en version papier et numérique.
// Contact
Pour toute question sur le livre, une demande de service de presse, une interview, ou simplement pour partager votre désarroi ontologique suite à la lecture.
Email : lom.mister@leparadoxedeplouv.com
LE PARADOXE DE PLOUV
© 2026 Lom Mister
Tous droits réservés.
Chapitre III
Giovagin surveillait avec un amour incommensurable ses merguez qui grillaient mollement sur son Weber, l'odeur de viande épicée se mêlant à celle de l'herbe fraîchement coupée – un mix de délices et de souffrance pour les végétariens alentours. Le jardin baignait dans une lumière dorée, le rhododendron explosant de rouge vif sous la chaleur de l'après-midi, presque aussi éclatant que la gueule d'alcoolo de son complotiste de voisin. D'un geste de chef, il retournait les saucisses en sifflotant, profitant de ce rare moment où personne ne venait l'faire chier.
Et là… BAM BAM BAM ! Quelqu'un martela la porte d'entrée avec l'insistance d'une armée enfonçant le portail d'un château assiégé. Giovagin se figea, la spatule toujours en l'air, tel un guerrier surpris en pleine sieste, la bave au coin des lèvres.
— Ingriiid ! appela-t-il à la cantonade, espérant que sa femme daigne répondre à son appel.
Silence. Absolument rien. Comme d'hab.
— INGRIIIIID ?! LOLAAA ?! CAPUCIIINE ?! Il gueulait vers les fenêtres ouvertes de la maison, espérant qu'une de ces trois idiotes se soit lavé les oreilles récemment.
Toujours rien. Son agacement était palpable. Il fronça les sourcils. Elles étaient où, bordel ? On allait bientôt manger. Il glissa la main dans sa poche et sortit son téléphone pour regarder l'heure. Rien. Écran noir. Il appuya sur le bouton d'allumage. Nada. Plus de batterie ? Il était sûr qu'il était encore à 64% y a dix minutes…
— Elles se sont encore barrées sans me prévenir, ces connes. Et moi, je dois gérer la merde tout seul, comme d'hab. Toujours moi, le connard obligé de tout faire ! Sérieux… Ras le cul de vivre dans cette caricature de famille d'une sitcom à la con !
Grognant comme un vieux clébard, il abandonna ses merguez sur le grill et traversa la terrasse, les pieds trainant sur le bois chaud. En entrant dans la cuisine, il jeta un coup d'œil rapide au four pour voir l'heure.
Rien.
L'écran était éteint. Aucun affichage. Il s'arrêta net, surpris. Son regard balaya la pièce. Pas une seule lumière d'appareil électronique. Ni la box, ni la machine à café, ni même l'indicateur du frigo.
— C'est quoi ce bordel… ? murmura-t-il.
Mais BAM BAM BAM ! La porte continuait de trembler sous les coups insistants.
Il secoua la tête et se dirigea vers l'entrée avant d'ouvrir la porte.
À peine le battant entrouvert, une silhouette familière surgit, comme un fantôme de biker : Themys. Pas de nouvelles depuis quoi… 2012 ? Et le voilà qui débarquait comme une tornade sous cocaïne. Ses cheveux poivre et sel ressemblaient à un yuka incendié, et sa barbe négligée à un hérisson enragé. Il avait pris un sacré coup de vieux. Par-dessus son blouson de cuir qui sentait ce qui devait être un mélange d'essence, de weed et de mauvais souvenirs, il portait un sac en bandoulière qu'il fit claquer contre le mur quand il entra comme un sauvage.
— Salut mec, ça roule ?! Cria Themys, défonçant la porte comme si c'était son appart.
— Mais t'es malade ou quoi ? On t'a jamais appris à utiliser une sonnette ?
— L'électricité est terminée Gio. Panne mondiale.
Il balança ça comme on annonce qu'il va pleuvoir. Giovagin cligna des yeux.
— Quoi ?!
— Plus un seul volt, plus un seul ampère. Terminé. Boum.
Themys fit claquer ses doigts pour illustrer la finalité du truc, comme si c'était juste un détail.
— Mais on s'en branle, faut que je te montre un truc de ouf, tu vas halluciner.
Giovagin resta là, sur le seuil, les yeux écarquillés comme s'il avait vu un extra-terrestre, pendant que son ami traversait l'entrée d'un pas rapide, ignorant les photos de famille et les peintures modernes qu'il balayait d'un regard de chien enragé.
— Toujours aussi propre chez toi, hein ? Lança Themys, avec ce sourire de connard qu'il n'avait jamais su contrôler.
Giovagin plissa les yeux, totalement perdu.
— Mais t'es sérieux ? Une panne mondiale ? Et puis… T'es jamais venu ici ! Ça fait quinze ans qu'on ne s'est pas vus, bordel ! Et cette baraque, elle est là depuis le 18 octobre 2016 !
Themys haussa les épaules et déboula dans la cuisine.
— Ouais, ouais, peut-être, mais je te connais, Gio. T'as toujours été un putain de maniaque de l'ordre.
Il vira une pile de magazines de l'îlot central sans préavis, et y balança à la place un bouquin poussiéreux, dégueulasse, à la couverture déchirée et au papier jauni, avec la solennité d'un archéologue qui déterre une momie.
— Regarde ça, mec. Ça va te bousiller la tête.
Giovagin referma lentement la porte, les sourcils froncés, avant de rejoindre Themys dans la cuisine. Ses yeux glissèrent sur le vieux bouquin, intrigué, tandis qu'une pointe d'appréhension se nichait dans son ventre. Il le fixa, en silence, avant de relever les yeux vers Themys, un sourcil haussé.
— Attends une seconde… Comment tu connais mon adresse ? Je t'ai jamais dit qu'on avait acheté à Orchies avec Ingrid. Et encore moins au 128 impasse des Chênes Anciens.
Themys sourit, genre "je suis une putain d'enigme", et écarta les bras.
— Je savais que t'allais poser la question. Disons que… j'ai mes méthodes.
Giovagin fit un pas en arrière. Ses pupilles étaient devenues des boules de méfiance pure.
— Mes méthodes ? C'est quoi ce délire ? Tu me suis ou quoi, enfoiré ?
Themys éclata d'un rire franc et nerveux à la fois. Il avait l'air d'un savant fou.
— Non, mec, je te surveille pas, promis. Mais… disons que j'ai trouvé des trucs récemment. Des trucs bien chelous. Et dans ces trucs, y'avait ton nom, ton adresse, et bien d'autres saloperies.
Giovagin fronça les sourcils.
— D'autres saloperies ?! Genre quoi ?
Themys tapota le livre comme s'il possédait les clés d'un secret du cosmos.
— Ce livre. Il m'a mené droit à toi.
Giovagin rigola, mais avec le dédain d'un mec qui commence à flipper.
— Un livre ? Sérieux ? C'est quoi, un annuaire préhistorique ?
Themys lui rendit un sourire, mais cette fois, son regard était plus grave.
— Pas vraiment. C'est… disons un genre de roman autobiographique d'un mec, qui, il y a des années, a écrit sur toi. Toi, ta famille, et… ce que tu allais devenir.
Un frisson glacé grimpa le dos de Giovagin.
— T'es en train de me faire une putain de blague à deux balles, là ?
Themys posa une main sur son épaule, son intonation changeant soudainement pour devenir plus grave.
— Non mec, j'te jure, je déconne pas. Le type qui a écrit ça savait des trucs impossibles. Ton adresse, tes habitudes, même ta vieille collection de vinyles pornos pourris. Et selon ce que j'ai lu, y'a un putain de truc qui arrive.
Giovagin écarquilla les yeux, les bras maintenant croisés comme un flic face à un toxico.
— Un truc qui arrive ? Quel genre de truc, exactement ?
Le regard de Themys se durcit.
— T'as intérêt à être prêt. Parce que ça va foutre en l'air tout ce que tu crois savoir.
Un silence lourd tomba entre eux, brisé seulement par le crépitement des merguez oubliées sur le barbeuk. Puis, Themys hocha la tête, l'air aussi grave qu'un mec qui se prend un seau d'eau froide sur la gueule.
— Ouvre au chapitre III, Gio. Fais-le, et tu pigeras.
Giovagin le toisa comme si Themys venait de lui dire qu'il allait lui filer la peste. Mais bon, fallait bien faire avancer la merde, alors il chopa le bouquin. Il flaira la couverture, qui sentait la sueur de vieux livres abandonnés et l'odeur de quelques secrets dégueulasses. Il tourna les pages à une vitesse d'escargot grabataire, et il finit par tomber sur ce fameux chapitre. Le titre :
"Chapitre III — Merguez en boucle"
était écrit en Comic Sans MS. La typo de l'apocalypse, le crime graphique absolu. La police par défaut des menus de cantine scolaire. Le choix esthétique d'un mec qui met des transitions PowerPoint en "cube tournant" et trouve ça stylé. Le texte n'était même pas justifié.
Il se cala dans son transat, se frotta les yeux, soupira devant cette abomination, et commença à lire.
"Giovagin surveillait avec un amour incommensurable ses merguez qui grillaient mollement sur son Weber, l'odeur de viande épicée se mêlant à celle de l'herbe fraîchement coupée – un mix de délices et de souffrance pour les végétariens alentours. Le jardin baignait dans une lumière dorée, le rhododendron explosant de rouge vif sous la chaleur de l'après-midi, presque aussi éclatant que la gueule d'alcoolo de son complotiste de voisin. D'un geste de chef, il retournait les saucisses en sifflotant, profitant de ce rare moment où personne ne venait l'faire chier.
Et là… BAM BAM BAM ! Quelqu'un martela la porte d'entrée avec l'insistance d'une armée enfonçant le portail d'un château assiégé. Giovagin se figea, la spatule toujours en l'air, tel un guerrier surpris en pleine sieste, la bave au coin des lèvres."
Giovagin leva les yeux de son livre, la gueule en mode "putain, mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?". Il tourna la tête vers Themys, qui s'occupait des saucisses comme un mec qui a oublié qu'il avait un cerveau.
— Themys, qu'est-ce que tu fous, là ?! Ça, c'est... c'est du copier-coller de ma vie là ! Ça raconte ce qui vient de se passer, comme si on était dans un putain de film !
Themys lâcha un sourire un peu trop léger pour être honnête.
— T'as commencé à lire ?
— Commencé ?! C'est exactement ce qui se passe en ce moment, là ! Ça pue le complot de dingue, mec !
Themys haussa les épaules tout en retirant une merguez sans faire attention à ce qu'il faisait.
— Continue, tu verras.
Giovagin, la mâchoire serrée, se remit à lire. Il sentait la sueur lui couler le long du dos, et la panique qui commençait à prendre forme comme une boule de nerfs dans son ventre. Le livre continuait à relater les moments qu'il venait juste de vivre avec un niveau de précision qui ferait pâlir un huissier de justice. Il arriva jusqu'au moment de l'histoire où il commençait à lire le livre et à s'inquiéter de son contenu :
"— T'as commencé à lire ?
— Commencé ?! C'est exactement ce qui se passe en ce moment, là ! Ça pue le complot de dingue, mec !
Themys haussa les épaules tout en retirant une merguez sans faire attention à ce qu'il faisait.
— Continue, tu verras.
Giovagin, la mâchoire serrée, se remit à lire. Il sentait la sueur lui couler le long du dos, et la panique qui commençait à prendre forme comme une boule de nerfs dans son ventre. Le livre continuait à relater sa journée avec un niveau de précision qui ferait pâlir un huissier de justice. Il arriva jusqu'au moment de l'histoire où il commençait à lire le livre et à s'inquiéter de son contenu :
"— T'as commencé à lire ?
— Commencé ?! C'est exactement ce qui se passe en ce moment, là ! Ça pue le complot de dingue, mec !
Themys haussa les épaules tout en retirant une merguez sans faire attention à ce qu'il faisait.
— Continue, tu verras.
Giovagin, la mâchoire serrée, se remit à lire. Il sentait la sueur lui couler le long du dos, et la panique qui commençait à prendre forme comme une boule de nerfs dans son ventre. Le livre continuait à relater sa journée avec un niveau de précision qui ferait pâlir un huissier de justice. Il arriva jusqu'au moment de l'histoire où il commençait à lire le livre et à s'inquiéter de son contenu :"
Giovagin lut ce passage imbriqué une troisième fois encore, jusqu'à tomber sur une paire de guillemets fermants, avant de se laisser tomber en arrière dans son transat, son esprit se brisant sous le poids de l'absurdité de la situation.
La panique s'insinuant jusque dans ses os, il réalisait peu à peu la vérité implacable. Une boucle était en train de se former. La spirale infernale d'un livre maudit qui écrivait sa propre réalité. Il sentit son estomac se nouer.
Qui est Lom ?
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